Hier, alors que je travaillais tranquillement le quatrième accord de la chanson « Zombie » des Cranberries offrant ainsi un concert fort sympathique à mes chers voisins qui se demandaient encore une fois comment mes parents, après dix ans de piano, pouvaient être aussi maso pour m’offrir une guitare, je reçus ce message de notre cher président : »Dis le guitariste, tu en es où avec le résumé du match ? ».
Guitare dans une main et pétard dans l’autre, comme tout débutant qui se respecte, je suis surpris par ce message plein de haine et de mépris. Qu’ai-je donc fait pour mériter pareil traitement ? Certes, usant plus de mon instrument noir (même couleur que l’autre instrument joué assez souvent par Ben, si on en croit ses histoires racontées sur le quai du RER après trois bières)… Usant plus donc de mon instrument noir que de ma plume en ce moment, le président me reprocherait donc, à moi, mes quelques jours de retard.
Rangeant mon orgueil de côté et Dieu seul sait comme il prend de la place dans ma petite chambre au milieu de tous mes diplômes, je me dis qu’il s’agit du comportement normal d’un président sous pression. Obligé de gérer un club de quinze joueurs, de courir après des certificats médicaux et de marquer des buts, son rôle n’est pas de tout repos… Me calmant doucement mais sûrement, mes pensées se tournent alors vers Fab… Pauvre Fab, luttant toujours pour finir le premier paragraphe de son résumé avec trois mois de retard. Reçoit-il des menaces de mort de la part du président ? Va-t-il changer de téléphone comme l’idée a pu me traverser l’esprit ?
Laissant ma guitare de côté permettant ainsi à mes parents d’enlever leurs boules quiès, je me mets à écrire le résumé du premier match de 2012. Alors que de grand clubs à l’avenir radieux commencent l’année sous le soleil de Dubaï, le FCP, quant à lui, la débute à Choisy, certes sur un terrain de qualité, mais à Choisy quand même… Cela ne va pas m’aider à trouver l’inspiration tout ça !!
Bon, reprenons à zéro, le journaliste que je suis reprenant le dessus sur le guitariste que je ne suis pas encore… Premier match de l’année donc et premier match aussi du nouveau championnat. Après avoir terminé cinquième de la première phase non sans avoir démérité mais en laissant quelques points par-ci par-là, le FCP s’attaque à une nouvelle poule dans le but de remonter vers l’élite, une place qui lui revient de droit, bien-sûr.
Arrivée avec une petite demi-heure d’avance, l’équipe s’entraîne tranquillement sur le terrain, heureux de se retrouver après ces périodes de fête. A cette époque où l’on récompense les vedettes du ballon rond et alors que le ballon d’or en inspire certains, le ballon de plomb fait aussi des émules, notamment Ben, pour ne citer personne, qui arrive à nous envoyer un ballon au-dessus des filets de sécurité. Heureusement qu’il nous avait prévenu qu’il n’avait pas touché un ballon durant les vacances, on ne l’aurait pas cru sinon…
Ce petit entraînement bon-enfant nous permet aussi d’observer l’entraînement un peu particulier du nouveau gardien du FCP, à savoir PED. Quelle carrière mystérieuse que celle de ce joueur atypique… Espoir de toute une génération, ce milieu de formation a enflammé les pelouses du 75 par ses courses tête baissée et ses frappes monstrueuses du centre du terrain. Positionné en défense depuis quelques mois, on y avait vu le signe d’un déclin tragique et pathétique, les années et la vieillesse faisant leur travail de sape. Alors finir au cage, qui l’aurait crû ? Quelle sera la prochaine étape ? Les mauvaises langues affirment que ce sera sur le banc car on ne peut pas descendre plus bas. En tout cas, son envie fait plaisir à voir. Il suffit de le regarder se jeter par-terre, chaque balle non-cadrée de Ben étant un prétexte pour se rouler en boule sur la pelouse fraîche de Choisy. Enfant de la montagne, élevé parmi les verts pâturages où se reposent les vaches durant l’été, PED ressent sûrement un grand manque, celui des bacs à sable et des beach soccers. Au lieu de se rouler dans le sable, c’est les skis au pied qu’il a passé son enfance comme il aime à le rappeler le soir dans son bureau de VINCI au bord de la déprime. Ainsi, avec le FCP, il rattrape juste le temps perdu.
Enfin bon, c’est bien beau tout ça mais parlons un peu du match. Les adversaires du jour, LGM, des gars bien sympa originaires de Corse, sont à l’heure ce qui fait toujours plaisir. D’ailleurs, rien que pour ça, je les en remercie…La composition est classique et sans surprise :
- PED au goal (ça fait bizarre)
- FAB et le Corse, qui s’est fait une petite coupe de cheveux pour la nouvelle année (ce qui a pour avantage de maintenant savoir où il regarde lorsqu’il fait une passe mais pour inconvénient de ne plus inspirer la même crainte pour les attaquants adverses)
- Grinch’ au milieu (Grinch’ qui est vraiment grincheux en ce jeudi soir…)
- Ben et Fran sur les ailes
- Seb en attaque
- Et JB et Ed sur le banc, tranquillou…
La première mi-temps
Pour être honnête, après cinq jours de pétards et de guitare, le journaliste professionnel que je suis, a un peu oublié les détails de ce match (à quoi vont ressembler les résumés de FAB , je me le demande…). Bon, en tout cas, le FCP joue vraiment pas mal en ce début de match et se procure pas mal d’occasions par l’intermédiaire de Fran (suite à un dégagement magistral de notre nouveau gardien), de Ben et de Seb qui tape le poteau au bout de 10 minutes de jeu. Seb, d’ailleurs, que je trouve bien en jambes en ce jeudi soir.
Malgré certaines absences sur quelques actions de jeu de l’équipe adverse laissant l’opportunité à PED de s’illustrer sur sa ligne et nous montrer sa célèbre parade en deux temps (et oui, au FCP, tout le monde participe un peu au jeu), les joueurs vêtus de jaune contrôlent très bien le match et ne sont vraiment pas beaucoup inquiétés. Toutefois, ce problème de réalisme persiste encore en ce début d’année et les nombreuses occasions ne sont pas converties notamment la frappe d’Ed lancé superbement par Seb en profondeur.
La mi-temps
A la mi-temps, le score est de 0-0. Sans s’affoler, puisqu’ils en ont maintenant l’habitude, les joueurs du FCP s’encouragent à se montrer patients. D’ailleurs, en zone mixte, JB, joueur métronome de la défense et du milieu de terrain, se demande quand est-ce que le FCP commencera à proposer un jeu gabo-bonnito, du jeu à une touche de balle, du jeu à la barcelonaise quoi… C’est pas très sympa pour des joueurs comme Ben et Thom qui croyaient proposer ce genre de football depuis le début de la saison…
En tout cas, ce qui est bien chez JB, c’est que ses résolutions à lui, elles sont vraiment facile à exaucer. Et puis, pourquoi pas demander que Hoarau ou Gignac marquent des buts pendant qu’on y est !!!!
La seconde mi-temps
C’est dans cette optique-là, rempli de bonnes intentions, que JB, dès son premier ballon de la seconde période, commença à jouer à une touche de balle. Le problème de JB, c’est qu’il a commencé à jouer avec Ben et au bout de cinq-six passes à une-deux touches de balles, le ballon fut perdu et avec lui, tous ces espoirs. Non, le FCP ne pourra pas devenir le Brésil du 75 à l’instar du Paris United ou du 26… Non quoi, basons au contraire notre jeu sur nos forces et nos valeurs de solidarité, notre bonne assise défensive et notre grande capacité à contrer. Soyons en quelque sorte la Mannschaft du championnat 75, l’équipe pas trop trop séduisante mais qui gagne toujours à la fin… Et même, me dit-je en mon fort intérieur, au moment où JB, dans les vestiaires, nous dira les larmes aux yeux qu’il faudra qu’il attende 45-50 ans pour jouer du beau football, que tout cela ne se joue pas à grand chose. Si, au lieu de jouer avec Ben ces quelques ballons, il avait opté pour le côté gauche afin de jouer avec Ed, il l’aurait peut-être aperçu ce jeu basé sur l’inspiration et l’intuition… Enfin bon !!!
La seconde mi-temps est une démonstration de puissance collective, le FCP bouffant tout sur leur passage (ben, j’accélère et donc je fais des raccourcis…). Même si Grinch’ loupe deux-trois face à faces avec le gardien et tire sur le poteau, si Ben n’est pas capable de cadrer une des ses deux têtes, le FCP fait preuve de solidité défensive (à l’image de la sortie et du dégagement peu académiques de PED) et retrouve une confiance nouvelle jadis mise à mal par des équipes de seconde division tel que le Paris United ou autre 7 Mercenaires…
A l’image de la Mannschaft, patiente et solide, Grinch’ réussit enfin à ouvrir le score suite à une magnifique roulette sur le gardien.1-0. Ce but a le mérite de faire craquer totalement l’équipe adversaire qui commence à sombrer physiquement et mentalement, pas trop trop aidée, il est vrai, par leur attaquant-campeur. Enfin, quand Seb marque d’une facilité déconcertante sur un corner joué à deux avec Ben, les affaires sont définitivement pliées.2-0. Ed, fêtant dignement ce jour du 5 janvier, se permet même de rajouter un troisième but pour l’honneur, en toute dextérité et en finesse à la suite d’un contrôle messien.3-0
Conclusion
Rien de tel qu’une belle victoire pour commencer une bonne année, que je vous souhaite heureuse et faste, mes chers partenaires et coéquipiers. Quant à moi, je retourne à ma guitare et mon pétard parce que ce n’est pas avec VINCI que je vais avoir une belle carrière.
PS : durant mes quelques moments de glandouille durant ce stage de fin d’études, j’ai pu remarquer que je me retrouve avec un total de 44 étoiles, loin derrière des pseudo-footballeurs du dimanche comme Ben et PED. C’est ainsi que j’en appelle à Seb (que j’ai quand même bien complimenté tout au long de ce résumé) et le Corse (dont le total d’étoiles atteint difficilement la quinzaine) afin de former une alliance de circonstance. Ainsi, Le Corse, avec qui je partage l’amour du fromage de chèvre et la confiture aux figues et Seb qui affectionne, tout comme moi, les clubs repris par des puissants quatariens, ne soyez pas étonner si je vote pour vous lors des prochains matchs (enfin surtout le Corse, ne sois pas étonné
). En contre partie, j’attendrais, il en va de soit, quelques étoiles de votre part…
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